Faux kiwi d’Amérique du Sud : ce fruit surprenant résiste au gel et se déguste de la fleur au fruit

On l’imagine grillé au premier froid, pourtant ce faux kiwi sud-américain résiste au gel et se déguste entier, de la fleur parfumée au fruit.

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Le vrai problème et les dégâts possibles sur la plante

Vous observez ce buisson au feuillage argenté, un peu exotique, et aussitôt vous pensez au premier gel. Déjà, vous imaginez les feuilles noircies un matin de janvier, pendantes et flétries. Cette inquiétude est logique, car son allure de plante tropicale inspire spontanément la méfiance.

Pourtant, le feijoa, Acca sellowiana, encaisse sans broncher des hivers vraiment mordants. En dessous de -12 °C, voire -15 °C selon les situations, le vrai danger ne vient pas tant de l’air froid que d’un sol mal drainé, saturé d’eau glacée au niveau des racines. Autrement dit, ce n’est pas le froid sec qui pose problème, mais bien l’humidité stagnante.

La solution méconnue qui change tout

Le jour où vous découvrez que ce faux kiwi supporte la neige mieux que certains rosiers, vous restez un peu bouche bée. En plus, lorsque vous voyez ses fleurs rouges et sucrées au printemps, puis ses fruits verts en automne, votre regard sur cet arbuste change complètement.

En réalité, ce drôle d’arbuste venu des hauteurs brésiliennes apprécie surtout un sol léger, bien aéré et jamais gorgé d’eau. Placé au sud, à l’abri d’un mur tiédi par le soleil, il profite alors d’un petit microclimat qui amortit les coups de froid et limite les excès d’humidité.

Vous hésitez peut-être encore, en vous disant que chez vous, l’hiver est trop rude. Pourtant, dans la Loire, en Île-de-France et même dans d’autres régions au climat comparable, il tient parfaitement le choc, à condition d’éviter les cuvettes où l’eau s’accumule. Cette résistance surprenante finit par rassurer même les jardiniers les plus prudents.

Mode d’emploi concret : quand, comment et quoi faire

Pour que votre feijoa traverse l’hiver sereinement et vous offre ensuite fleurs puis fruits, un peu d’anticipation suffit. Il n’y a rien de très compliqué, cependant quelques détails font une grande différence, en particulier la gestion de l’humidité du sol autour des racines.

  1. Choisir un emplacement en plein soleil, ou au minimum très lumineux, tout en restant à l’abri des vents du nord. Idéalement, installez-le près d’un mur clair qui renvoie la chaleur et forme une barrière contre les rafales glaciales de l’hiver.
  2. Préparer une fosse large, bien décompactée, avec un mélange de terre de jardin, de compost mûr et d’un peu de sable grossier. Ainsi, la texture reste souple et filtrante, sans grosses poches d’argile capables de retenir l’eau froide pendant des jours.
  3. Planter le feijoa sur une légère butte, le collet juste au niveau du sol environnant. Après la mise en place, un arrosage copieux suffit pour tasser la terre, puis vous laissez sécher la surface entre deux apports afin d’éviter toute asphyxie des racines.
  4. Pailler le pied sur 5 à 8 centimètres avec des feuilles mortes, du broyat ou un autre matériau organique. Ce manteau naturel stabilise la température du sol, limite les chocs thermiques et conserve une humidité régulière sans excès.
  5. Surveiller les épisodes de froid intense, lorsque des températures inférieures à -10 °C sont annoncées. Dans ce cas, un simple voile d’hivernage posé le soir protège efficacement les jeunes pousses. Ensuite, retirez-le dès que la météo se radoucit, afin d’éviter la condensation et les risques de moisissures.

En fin d’automne, redoublez de vigilance face aux excès d’eau, surtout si votre sol est lourd. Les racines détestent rester plongées plusieurs jours dans une gadoue froide, car le risque de pourriture augmente alors très vite et peut compromettre la reprise au printemps suivant.

Les signes que tout va bien et la suite à envisager

Lorsque tout se passe comme prévu, le feuillage reste bien vert, dense et brillant en plein cœur de l’hiver. Les feuilles conservent leur revers argenté, sans taches brunes ni bordures grillées, ce qui indique que le froid est resté supportable et que les racines se portent bien.

Au printemps, vous voyez apparaître ces fleurs étonnantes, aux pétales blancs rosés et aux longues étamines rouges. Vous pouvez d’ailleurs croquer quelques pétales sucrés, tout en laissant le cœur floral intact. Progressivement, les fruits ovales se formeront, puis grossiront jusqu’à l’automne.

Lorsque les fruits deviennent légèrement souples au toucher et se détachent presque d’eux-mêmes, leur chair dégage un parfum mêlé d’ananas et de goyave. À ce stade, vous pouvez savourer la récolte et, dans le même temps, envisager d’autres essais au jardin, par exemple la plantation d’un second feijoa pour améliorer la pollinisation croisée et encore diversifier vos futures cueillettes.

FAQ

Le feijoa craint-il le froid hivernal ?

Le feijoa supporte des températures allant en dessous de -12 °C, voire -15 °C selon les situations. Le principal danger vient moins du froid sec que d’un sol gorgé d’eau froide autour des racines.

Quel type de sol et d’emplacement convient le mieux au feijoa ?

Il préfère un sol léger, bien drainé et aéré, sans stagnation d’eau. Un emplacement en plein soleil, abrité des vents du nord et idéalement près d’un mur exposé au sud lui est particulièrement favorable.

Comment planter le feijoa pour bien le protéger en hiver ?

On le plante dans une fosse large, décompactée, avec terre de jardin, compost mûr et un peu de sable grossier, de préférence sur une légère butte. Le collet doit être au niveau du sol, avec un arrosage initial puis des apports espacés pour éviter l’asphyxie des racines.

Quelles protections mettre en place en période de grand froid ?

En dessous de -10 °C annoncés, un voile d’hivernage posé le soir protège efficacement les jeunes pousses. Il faut le retirer dès le redoux pour limiter la condensation et les risques de moisissures.

Comment savoir si le feijoa se porte bien et quand récolter les fruits ?

Un feuillage vert, dense, brillant et sans taches brunes en hiver indique une bonne santé. Les fruits se récoltent à l’automne lorsqu’ils deviennent légèrement souples, se détachent presque d’eux-mêmes et dégagent un parfum d’ananas et de goyave.


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