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Le vrai problème et les dégâts possibles sur la plante
En plein mois de janvier, vous observez vos arbres fruitiers : tout paraît figé, presque mort. La température tourne autour de 3 ou 4 degrés, un léger brouillard flotte, et rien ne semble évoluer.
Vous vous dites alors que vous ferez le point au printemps, quand les bourgeons commenceront à gonfler. Pourtant, dès maintenant, la véritable bataille se joue déjà dans le sol, là, sous vos bottes, dans un silence total.
La solution discrète qui change tout
Un jour de froid sec, j’ai décidé d’étaler du fumier composté autour de mes arbres, presque uniquement pour me donner bonne conscience. Or, quelques mois plus tard, les paniers débordaient de fruits.
En réalité, ce type d’amendement organique n’apporte pas de nourriture immédiate à l’arbre. Il doit d’abord se transformer lentement dans une terre à 5 ou 8 degrés, grâce au travail patient des micro-organismes.
Vous pourriez hésiter, par crainte de brûler les racines ou d’avoir la main trop lourde. Cependant, en restant raisonnable sur les quantités, ce geste devient vite un réflexe très utile et facile à répéter chaque hiver.
Mode d’emploi concret : quand, comment et quoi faire
Voici, étape par étape, ce que je fais chaque mois de janvier autour de mes vieux pommiers, dès que le sol n’est ni gelé ni détrempé.
- Dégager soigneusement le pied de l’arbre sur un cercle de 60 à 100 cm, en retirant herbes et mousses qui détournent l’eau et les nutriments au détriment des racines.
- Griffer ensuite la surface du sol sur 3 ou 4 cm, juste assez pour briser la croûte et laisser l’air pénétrer, sans abîmer les racines les plus fines.
- Épandre ensuite, tout autour de la couronne des branches, 1 à 2 kg de compost mûr ou d’engrais organique, en formant un anneau régulier, mais surtout sans le coller au tronc.
- Niveler grossièrement au râteau, afin que la couche atteigne environ 2 cm d’épaisseur, pas davantage, pour éviter toute asphyxie des racines superficielles.
- Pailler enfin légèrement avec des feuilles mortes ou du BRF sec, surtout si les pluies sont fréquentes, afin de protéger la vie du sol sans créer un excès d’humidité.
Choisissez de préférence une période sans forte pluie, car sinon l’amendement risque de se tasser, voire de fermenter, ce qui peut encourager le développement de champignons indésirables autour du collet.
Les signes que cela fonctionne et la suite à donner
Au tout début du printemps, vous remarquerez que les bourgeons gonflent franchement, la sève circule rapidement, et les jeunes feuilles s’ouvrent d’un vert net, sans cette teinte jaune qui trahit souvent une carence.
Vos arbres démarrent alors avec beaucoup moins de stress, car le garde-manger souterrain se trouve déjà approvisionné. En réalité, ce petit geste de janvier prévient nombre de carences qui apparaissent habituellement en cours de saison.
Par la suite, vous pourrez ajuster chaque année la quantité d’amendement en fonction de la vigueur des branches et de la taille des fruits, comme si vous engagiez un dialogue continu avec votre verger, saison après saison.
FAQ
Pourquoi intervenir sur les arbres fruitiers en plein hiver ?
Parce que la transformation lente des amendements organiques commence dès que le sol est autour de 5 à 8 °C, bien avant le gonflement visible des bourgeons. Cette préparation souterraine conditionne la vigueur du démarrage printanier.
Quel type d’amendement utiliser autour des arbres fruitiers en janvier ?
On utilise du fumier composté ou du compost mûr, voire un engrais organique, qui se décompose progressivement dans le sol. Il ne nourrit pas immédiatement l’arbre, mais enrichit durablement la terre grâce aux micro-organismes.
Comment appliquer concrètement le compost autour d’un arbre fruitier ?
On dégage un cercle de 60 à 100 cm au pied, on griffe le sol sur 3 à 4 cm, puis on épand 1 à 2 kg de compost en anneau sous la couronne des branches, sans toucher le tronc. On nivelle pour obtenir environ 2 cm d’épaisseur, puis on paille légèrement.
Quels sont les risques en cas de mauvaise application de l’amendement ?
Une couche trop épaisse ou collée au tronc peut asphyxier les racines superficielles ou favoriser des champignons au collet. Des pluies fortes peuvent aussi tasser ou faire fermenter l’amendement si l’on intervient au mauvais moment.
Quels signes montrent que l’amendement hivernal fonctionne ?
Au printemps, les bourgeons gonflent bien, la sève circule rapidement et les jeunes feuilles sont d’un vert franc, sans jaunissement. Les arbres démarrent avec moins de stress et présentent moins de carences au cours de la saison.


